EMDR via mon Expérience Directe

Ceci est une fiction  inspirée de faits réels.
Toutes ressemblances avec des personnes existantes ou ayant existées seraient purement fortuites. ^^

A quoi m’a servi l’EMDR ?

Je souhaitais vous parler de l'EMDR car c'est une thérapie qui m'a énormément apportée.  
Elle m'a permis de me reconnecter à mon corps et à mes émotions.
Elle a été une des pierres angulaires de ce chemin de Vie, qui m'a permis de me découvrir, et de m'accepter telle que je suis.

Préambule

Je ne suis ni psychologue, ni neurologue. 
Je vais donc vous parler ici de l'EMDR avec mes mots et surtout via mon "Expérience Directe".
Sans doute, qu'un autre individu l'expérimenterait de manière différente ?
Puisque "de base", nous sommes toutes et tous uniques.
Ce que l'on "est", c'est à dire la manière dont on s'est construit, est la conséquence de notre propre histoire.
Et comme nous sommes des individus complexes, ce qui fonctionne sur un, sera différent sur un autre.

Le chemin

Je suis "arrivée" à l'EMDR au bout d'un parcours long et sinueux.  
Paradoxalement, lorsque j'ai commencé cette thérapie : je vivais une parenthèse enchantée.
J'avais touché mon fond (comme cela arrive à beaucoup de monde).
Et j'avais, je ne sais trop pourquoi, tapé du pied pour remonter à ma surface.
Je percevais pourtant, confusément, que c'était un équilibre précaire et fragile.
Et j'avais la sensation tenace d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Mi 2018, je parle à ma psychiatre de cette angoisse diffuse.
Elle me propose alors de faire une thérapie des schémas.

Les thérapies des schémas

Les thérapies des schémas sont assez nouvelles dans l'histoire des thérapies cognitives et comportementales.  
Le principe est l'adaptation d'un large panel d'outils thérapeutiques en fonction du profil de chaque individu.
Elles servent (comme leurs noms l'indiquent) à identifier les schémas dits "automatiques" mis en place avec le temps.
Via la compréhension de ce qui nous pousse à agir de manière automatique, donc non consciente, cela permet de traiter le mécanisme en cause avec une palette d'outils, telles que l'EMDR, l'analyse transactionnelle, les TCC, la MBCT etc.

Ce sont des thérapies courtes (à l'échelle psy) car on part pour un travail de 1 an, 1 an et demi maximum.
En fonction des traumatismes de chacun, cela peut durer un peu plus, ou un peu moins mais c'est l'ordre d'idées.

Pourquoi moi ?

Ma psychiatre avait identifié en 2010 que j'avais subi de multiples traumatismes au cours de ma très jeune enfance et que cela avait fortement impacté mon cerveau et sa production d'endorphines en particulier.  
Lorsque je vivais des événements compliqués même 20, 30, 40 ans plus tard, mon cerveau, fragilisé, "disjonctait" et me poussait à agir d'une manière inappropriée.  
C'est ce qu'on appelle avoir des "réseaux dissociatifs".  
Le cerveau est dans en mode "pilote automatique" : il ne sait pas faire autre chose que reproduire la même chose, encore, et encore, et encore.  
La capacité de raisonnement est altérée.  
Alors, oui, de manière factuelle, j’ai eu des traumas dans l'enfance et dans l'adolescence.  
Pourtant je pensais en avoir fait les deuils depuis longtemps.  
Quand on écume les psychiatres à raconter sa life depuis 20 ans (Ouch...), on a la perception (erronée) d'avoir plutôt bien intégré le truc.  
Et quand j'ai commencé l'EMDR, je me suis prise une énorme claque dans la tête.  

Un peu de théorie

Partons de la « construction » du cerveau :

Pour ultra-schématiser : on a une première couche ( "le reptilien") qui se construit dans l'utérus et qui sera la partie qui nous guidera jusqu'à ce qu'on commence à parler. 
Celui-ci permet de répondre à nos besoins primaires : pleurer pour demander à manger, hurler quand on a peur et qu'on demande à maman de nous protéger. 

Il y en a un autre au-dessus qui va nous servir à parler, à communiquer de manière simple, et surtout, à percevoir et ressentir les émotions (le limbique). 
Il se développe pendant les toutes premières années de la vie : c'est lui qui sera fragilisé par l'utilisation des écrans trop tôt par exemple. Cf Boris Cyrulnik car l'être humain construit ses réactions émotionnelles à ce moment là. 
Il le fait en miroir de ce que lui renvoient ses adultes référents. Pour ceux qui ont la référence c'est en relation avec les neurones miroirs. 
Un bambin ne pourra pas identifier quelle réaction émotionnelle mettre en place s'il n'a qu'un écran/masque face à lui, car il n'aura pas d'interactivité "réelle". 

Enfin la dernière couche, c'est le cortex, qui nous sert à intellectualiser ce qu'on voit, perçoit, ressent.
C'est celui qui nous permet d'appréhender les concepts, de remettre en question nos croyances etc. 
Mon cortex, sans avoir le melon, fonctionne "très bien" : dans le sens où la pensée analytique ne me pose pas particulièrement de problème. J'ai même des tests qui le mentionnent.  
Pour autant, il y a une ÉNORME différence entre intellectualiser quelque chose et le ressentir. 
Et comme mon pire traumatisme datait de quand j'avais 3 ans environ. 
Je n'avais accès ni aux mots ni aux concepts à ce moment là. 
Donc mon cerveau avait d'énormes difficultés à interconnecter ses trois couches. 
C'est cela qu'on appelle une mémoire traumatique associée à des réseaux dissociatifs. 
 Le travail en EMDR a reconnecté ces trois parties de cervelle qui s'étaient jamais parlées.

La mémoire du corps

Lorsqu'on est gamin, les parties de notre cerveau (dont le reptilien et le limbique) se développent en fonction de notre vécu, de nos expériences et de nos sensations corporelles qui sont liées à nos émotions. 
Typiquement, un ou une phobique des chiens aura probablement eu, enfant, une très mauvaise expérience avec un de nos amis à quatre pattes, et cette peur panique restera tellement gravée dans son corps qu'elle le ou la suivra toute sa vie.

Perso, j'ai subi pas mal de traumas très tôt et surtout, en continu, quasiment jusqu'à la fin de mon adolescence. 
Mine de rien, ça s'inscrit très profondément et durablement dans le corps et cela altère considérablement les capacités à gérer ses émotions. 

#euphemisme 

Le côté magique du cerveau, c'est que c'est une superbe machine qui (on l'a découvert récemment) est modelable et plastique. 

 C'est à dire qu'il évolue en permanence, et ce, jusqu'à la fin de notre vie : l'histoire selon laquelle on perdrait des neurones à partir de 20 ans, c'est juste FAUX. 

#merciderienaurevoirmsieurdame

Ainsi, l'EMDR en me faisant travailler sur mes sensations corporelles, m'a permise de me reconnecter à mes émotions et à leur donner, enfin ! du SENS.
Ça m'a réaligné la tête, le cœur, et le corps. 
Donc oui, c'est très utile dans les traumas mais je pense que des thérapies corporelles et émotionnelles pourraient être prescrites à beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde aujourd'hui.  

J'ai souvent la perception de vivre dans une société qui s'acharne à étouffer systématiquement nos émotions. 

Pour prendre un exemple un peu #clarteux, ce qu'on appelle communément les TCC (thérapies comportementales et cognitives) sont très utiles pour les phobies, puisqu'elles vont justement "travailler" sur de la "reprogrammation" du néocortex, mais elles ne vont pas aller jusqu'au système limbique.

Et ça, c'est ma psychiatre qui est, elle-même spécialisée en TCC "de base" qui me l'avait dit : 

« En fait, ça soulage les phobiques, mais ça n’enlève pas toutes les émotions négatives associées :
c’est pour ça qu’aujourd’hui on travaille de plus en plus sur les émotions.
Car ça agit de manière plus profonde et plus durable pour le patient. « 

Dr C. D

L’EMDR : Comment ça marche ?

Je dirais que c'est" mécanique". 

Le principe est de nous faire travailler avec le mouvement des yeux. 

EMDR signifie "Eye Movement Desensitization and Reprocessing" c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. 
Je ne sais pas si vous avez déjà regardé votre amoureux ou vos enfants dormir par exemple ? 
Moi c'est un truc que j'aime bien faire : regarder Amoureux dormir. 
Et bien avant d'avoir jamais entendu parler de l'EMDR j'avais remarqué un truc marrant. 

Quand quelqu'un dort, et qu'il rêve, il a les paupières fermées, of course, mais on voit ses globes oculaires qui bougent. 
Ils font des mouvements latéraux. 
De gauche à droite et de droite à gauche. 
On a découvert grâce aux neurosciences que ces mouvements, qui sont complètement naturels, permettent à notre cerveau de traiter des informations. 

Pour faire une analogie informatique, c'est comme si, en fin de journée, on se couche, on s'endort et notre cerveau se met en mode "gravure des infos de la journée". 
Grâce à ces mouvements oculaires, il va traiter ce qui nous est arrivé dans la journée et l'intégrer en le mettant dans la "bonne case".
Et les rêves vont finir le boulot en nous permettant de digérer des trucs qui semblent parfois complètement anodins mais qui ont réveillé plein de connexions chez nous.

L'EMDR va venir "forcer" via ces mouvements latéraux des yeux à intégrer des sensations corporelles parfois anciennes (ressenties lors des événements traumatiques) et va "obliger" notre "logiciel de gravure" à "réparer notre cerveau" et ses connexions qui ne se faisaient pas. Je vous passe les détails techniques, mais c'est une sorte de transe hypnotique qui est générée par ce mécanisme. 

En EMDR, on ne parle pas beaucoup. 
Au contraire, on apprend à ressentir nos sensations corporelles et à ne pas en avoir peur. 
Alors c'est super compliqué pour des personnes qui ont fui pendant des années les émotions qui cherchaient à s'exprimer. 

Ce que je n'arrivais pas à piger : c'était comment "au bout du compte", ça allait changer quoique ce soit pour moi. 
Et pendant le 1er confinement, j'ai enfin expérimenté "la réparation de mon cerveau". 

L’Enfant Intérieur

Pendant plus d'un an, j'ai appris, grâce à ma thérapeute EMDR, qui est spécialisée en troubles dissociatifs et des personnalités, à m'écouter, à apprendre à me visualiser "enfant", "ado", et moi aujourd'hui "adulte". 

Et j'ai appris à écouter "mon enfant intérieur" qui était tout simplement terrorisée et mettait un beau "bordel" dans ma tête : "c'était elle" qui générait des réactions automatiques de destruction en activant mes réseaux dissociatifs dès que je n'arrivais pas à gérer une émotion. 

Oui je sais, ça va paraître un peu bizarre à dire comme ça. 

Mais c'est "en lui expliquant" (comprendre que je m'expliquais à moi même bien sûr) que je m'occupais "d'elle", que j'entendais bien sa souffrance etc. que j'ai trouvé la sérénité et la force nécessaire pour aller "voir" ce qui s'était passé certaines nuits de mes 3 ans à mes 6 ans. 

Alors je n'ai pas de souvenirs avec des mots, mais j'ai des sensations corporelles et des émotions qui ne laissent aucun doutes. 

Ce qui a fait aussi que j'ai réussi à aller jusque là c'est qu'au fur et à mesure que "mon adulte" reprenait le contrôle de mon cerveau, je ne réagissais plus comme une enfant de manière générale : avec ma famille, avec Amoureux. 

Je réagissais de plus en plus aisément en "Adulte". 
M'exprimer avec bienveillance, car je n'aime pas les conflits. 
Dire clairement ce que je ressens sans chercher à blesser. 
Et en mettant ça en pratique, peu à peu, je suis sortie de la fameuse Dépendance Affective. 

Dire si cette réparation est pérenne ou pas, c'est l'avenir qui me le dira. 

Je découvre pour la première fois une vraie sérénité, et mes relations avec mes proches ont totalement changé. 
©CESTCLARTEUX toute reproduction doit comporter le nom de l'autrice marque déposée à l'INPI 😉

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