Béjart… La Beauté et le Talent incarnés

Ceci est une fiction  inspirée de faits réels.
Toutes ressemblances avec des personnes existantes ou ayant existées seraient purement fortuites. ^^
#tartine ...

J’ai toujours eu une grande affection pour Maurice Béjart.

Je ne suis pas une artiste (professionnelle).

Mais mon cœur a toujours été et est encore régulièrement ému par la Danse 💃.

La Musique 🎶 a toujours fait partie intégrante de ma Vie.

Comme tout à chacun.e, à chaque instant de mon existence, je peux y associer un air, un extrait de musique classique, un texte de rap, une mélodie avec une poésie française, ou une chanson de pop anglaise avec le texte qui suivra. 😉
J’ai commencé à danser 🩰 à 3 ans et demi.
Avouons que la Danse et moi, cela a tout de suite « collé ». 🥰
Cela m’a permis de développer, ou, a minima d’aiguiser, mon 6ème sens : la proprioception.
🧠 La proprioception, c’est l'ensemble des informations nerveuses transmises au cerveau permettant la régulation de la posture et des mouvements du corps.
🔬 En fait, les informations conscientes et inconscientes proviennent de récepteurs spéciaux nommés propriocepteurs sensibles à l'étirement ou à la pression.
Et ils se situent dans :
➡️ les muscles (fuseaux neuromusculaires),
➡️ les tendons (organes tendineux de Golgi),
➡️ les ligaments des articulations (organes de Ruffini, de Golgi et de Pacini)
➡️ ainsi que dans la peau de la paume des mains et de la plante des pieds (corpuscules profonds de Paccioni).
Le système proprioceptif intervient ainsi en permanence pour réguler notre équilibre en contractant certains muscles, par exemple sur une surface instable (sol meuble, glace, planche de surf, ski...). 🔬
J’ai dansé de manière régulière et même intensive jusqu’à il y a une dizaine d’années. J'ai même fait des stages avec un  danseur très connu de la Compagnie de Béjart : François Mauduit ;)
J’ai dansé dans des écoles de danse « amateurs » mais également au conservatoire de musique et de danse de Chartres pendant quelques années.
J’ai eu la chance inouïe d’avoir une prof vraiment formidable dès l'adolescence. Elle s'appelle Nicole F 🙂
J’éprouve une immense affection et gratitude pour elle. 🥰
Combien de fois ses chorégraphies m’ont permis de m’évader, de ne faire qu’une avec la musique, de vibrer, de transmettre les émotions intenses qui me traversaient ?
Je ne saurais plus les compter…. 😏
Mais je sais aujourd’hui, qu’elle m’a permis de me canaliser, d’expulser mon « trop plein » émotionnel et énergétique (ces énergies pouvant être très positives comme très négatives d’ailleurs) !
Nicole F. , donc ^^,  (ma prof) adore Maurice Béjart, le chorégraphe décédé il y aura 13 ans cette année, dans un mois et quelques.
Et puis elle adore Queen aussi 😊
Logique…
L’un des plus beaux ballets de Béjart (à mon sens) est celui qu’il a consacré à la musique de Freddie Mercury : « Le Presbytère », qu’il a crée en 1997.
Ce ballet a pour thématique le Sida…
Ce fléau impitoyable qui a marqué une époque (non révolue), et a emporté avec lui, une partie de la candeur de ce miracle qu’on appelle l’Amour.
En 1991, Jorge Donn, star de la danse et compagnon de Béjart, meurt. 😐

Un an plus tard, Freddie Mercury annonce être porteur du VIH… Le lendemain, il décède. 😐
Ils avaient 45 ans tous les deux…
Dans son chalet en Suisse, au-dessus du lac Leman, Béjart est soudainement frappé par la photo qui orne la pochette de l’album posthume de Freddie Mercury, il s’agit de la même vue du lac qui s’étend face à lui…
Tangentielle de Dieu, Synchronicité ?
Il se plonge dans les vidéos et la musique symphonique de Queen…
Et cela « résonne » en lui…
Tout comme j’éprouve la même résonance aujourd’hui. 🙂
Alors, Béjart, lui, utilisait le mot « correspondances » : c’était comme ça qu’il désignait l’impalpable.
Ces liens qui se tissent entre les êtres, les choses ou les univers.
Et symboliquement, Béjart va réunir Freddie Mercury et Jorge Donn pour la première fois, de manière posthume dans ce ballet.
Le thème ne sera d'ailleurs pas uniquement le Sida « mais sur les gens qui sont morts jeunes » comme il l’expliquera plus tard.
Son ballet, celui-ci en particulier, lorsque je l’ai vu, une seule fois, m’avait émue aux larmes… 😌
Une émotion qui fluctue par vagues, du début à la fin et qui engloutit tout, lors du salut final : les danseurs de Béjart, qui unis, marchent sur « The Show Must Go On », de manière calme et mesurée et s'étendent au sol, sous des linceuls blancs…
Je m’étais rappelée, à cet instant, des deux dernières fois où j’avais vu Béjart sur scène…
A deux ans d’intervalles, pour ses deux derniers Ballets, auxquels j’avais assisté (dont « De Brel à Barbara », une tuerie ^^ merci à Nicole de m'avoir permis de danser sur l'Aigle Noir de Barbara en 2005 je crois ;) … ).
A la fin de chaque spectacle, il apparaissait, en fond de scène, au milieu de ses danseurs, avec qui il avançait lentement jusqu’au public.
Une vague pure et forte m’avait emportée les deux fois…
La dernière fois, il ne pouvait plus marcher.
Mes larmes avaient coulé 🥺….
Grâce à Béjart, à ce Ballet, tout comme celui qu’il a consacré à « Brel et Barbara », on apprend que l’éternité n’est pas du domaine de la Science mais bien du domaine de l’Art… 
Plus fort que la maladie, et au-delà même, plus fort que la mort, les êtres humains que Béjart aimait sont toujours là.
Par les enregistrements, les traces argentiques et magnétiques, les artistes sont présents sur scène.
Dans une sorte de survivance devenue numérique..
Maurice Béjart savait créer « autre chose », une sorte d’incarnation, si ce n’est une « réincarnation », bien que la portée spirituelle du mot pourrait porter à d’autres interprétations.
Car Béjart, bien qu’il ait consacré sa vie professionnelle à la danse, était empli de philosophie… 😁
Il poursuivait une sorte de quête intérieure intimement liée à sa création.
C’était une pulsion…
Une pulsion créatrice & libératrice...
Pour lui, et je partage totalement cette vision :
« La danse est un langage ».
Et je pense pouvoir affirmer que Béjart avait beaucoup de chose à dire via ce langage. 😂
Ce qui est assez dingue, c’est qu’il était loin de fédérer les critiques de cet Art derrière lui !
Créateur prolixe, il lui était reproché d’être « trop » populaire…
Car « trop » démonstratif : les discours sur la pollution de l'eau, photos géantes de catastrophes nucléaires…,
ou
« carrément kitsch » : une scène finale avec une petite fille en blanc dans un parterre de fleurs..
Ces deux critiques faisant référence à son « MutationX » ballet-fiction sur le thème de la destruction annoncée de la planète.
Il répondait à ces critiques, des « professionnels de la profession » qui préfèrent entretenir leur entre-soi, de personnes averties à la beauté d’un geste, d’une posture, d’une ligne 🤨, plutôt que de se confronter à des néophytes (la plèbe en somme 😬…) :
« Oui, c’est de la comédie musicale.
Pour faire comprendre quelque chose, il vaut mieux divertir qu'ennuyer.
Je veux communiquer avec tous de manière simple et directe.
La pure recherche formelle ne m'intéresse pas...
Pour moi, les valeurs humanistes sont plus importantes que les valeurs esthétiques.
Ce qu'on me reproche, c'est de mélanger les genres.
Mais l'avenir du monde est dans le métissage, y compris dans les arts. La recherche de la pureté va contre le sens de l'histoire. »

Béjart n'aimait pas parler de gloire, ni même la gloire en elle-même d’ailleurs.
Il se considérait comme un artisan plutôt que comme un artiste.
Il dénonçait « un art coupé des masses ».
⁉️ N’est-ce pas exactement ce que tout artiste — quel que soit le médium emprunté — se devrait de risquer de faire avec son public ? ⁉️
Oser « faire corps », le « rencontrer » pour que naisse un « autre » futur, propre à l’Altérité ?
Nietzsche était son « maître à danser ». 🙃
Il lui a même consacré un ballet entier « Ainsi parlait Zarathoustra ».
Il a aussi ramené de ses voyages les transes des Derviches Tourneurs… 💫
Ces transes permettant d’atteindre des états de conscience modifiées et de toucher du doigt son âme…
Cette âme qu’il rendait, quelque part, indissociable du corps dans une fusion « corps-esprit » absolue.
Béjart avait reçu une éducation catholique mais il pratiquait la méditation 🧘🏻 assidûment…
Il a cherché longtemps sa forme personnelle de spiritualité, car il la savait indissociable de l’être humain.
Il s’était converti (même s’il exécrait ce terme) à l’Islam Soufi, car lui-même était un derviche tourneur.
Il disait : « Sans la vie intérieure, sans la recherche de l'unité, de l'absolu, on devient stérile. »
Il y a presque 13 ans donc, il est mort, entouré de ses danseurs, qui l’auront veillé toute la nuit, après « une belle vie », selon ses propres termes.
☯️ Une « belle vie » de rencontres et de projets menés à bien.
⚧ Une « belle vie » de combats incessants mais menés avec toutes les personnes qu’il a aimé : sa « troupe » de danseurs.
Je finis ce (trop) long post 🙄, sur deux citations.
L'une du philosophe Gaston Berger, le père de Béjart :
« Demain ne sera pas comme hier.
Il sera nouveau et il dépendra de nous.
Il est moins à découvrir qu'à inventer. »
Et l'autre sur celle de Béjart que, moi, danseuse, j’ai toujours ressenti :
« Danser,
c'est transcender totalement notre pauvre condition humaine pour participer intégralement à la vie profonde de l'Univers."
Ainsi.. Merci Nicole, Merci à sa fille Sonia, merci à ma maman de m'avoir permis de "danser" toute ma vie et d'aimer cela ^^
Le 03/10/202O  ©CESTCLARTEUX  toute reproduction doit comporter le nom de l'autrice marque déposée à l'INPI 😉
Texte : Evelyse Georget / Crédits Photos : Jean Michel Vdh 
Brel Barbara Béjart

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